Tribune de Renaud Chareyre
sur Le Monde.fr, 13/02/10.
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EXTRAITS
(.../...) "Face à la simplicité de la page de recherche de Google, il est difficile d'imaginer que des mécanismes complexes puissent
être engagés, à chaque requête, dans le but d'optimiser les rendements financiers escomptés au travers de l'affichage des publicités.
Pourtant, il s'agit là du business le plus ancien de l'entreprise, et celui-ci ne s'appuie certainement pas sur une quelconque forme d'improvisation."
"Ni philanthropique ni trop ouvertement mercantile, Google ne s'explique sur son fonctionnement que du bout des lèvres, et assure globalement
de ses bonnes intentions. Dans un tel contexte, dès lors que des décisions d'achat sont en vue, on regrette que la perspective d'un développement
fondé sur l'entretien d'une pertinence relative, et individualisée, reste ouverte : en se réservant la possibilité de réguler les résultats
proposés à chaque internaute, Google gagne le pouvoir de répartir les flux d'audience entre les différents annonceurs. L'éditeur américain
dessine ainsi un cadre très favorable à la hausse générale et durable des enchères, aussi bien qu'à sa prospérité. De ce fait, sous couvert
de "pertinence", le système peut se donner les moyens de légitimer une non-pertinence à l'échelle de chacun, au mépris de la compétitivité
réelle des offres proposées par les annonceurs, et des bénéfices que pourraient en tirer les utilisateurs."
"Sans remettre en doute la bienveillance du projet californien, il semble nécessaire de pouvoir écarter cette hypothèse, ou, à défaut,
d'en aviser le consommateur, qui court le risque d'agir, en de multiples occasions, sous la foi d'un excès de confiance."
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