En fin de semaine dernière, Google a dévoilé ses résultats financiers du 4ème trimestre 2009. Sur l'ensemble de l'année écoulée,
le chiffre d'affaires total de la société s'élève à 23,65 milliards de dollars pour un bénéfice net annuel de 6,52
milliards de dollars. En 4 ans, c'est-à-dire par rapport à l'exercice 2005, le chiffre d'affaires de Google a pratiquement été
multiplié par 4.
Les ressources de l'entreprise continuent de reposer principalement sur les revenus publicitaires dégagés auprès
des annonceurs Adwords apparaissant sur les sites de la société californienne ou de ses partenaires éditeurs
(notamment au travers d'Adsense).
> Vis-à-vis des annonceurs Adwords, Google a mis en place un système de gestion des affichages qui ne leur permet pas de
maîtriser le
ciblage de leurs publicités vers les internautes potentiellement les plus intéressés par leurs offres. Google a la faculté de
moduler les niveaux de pertinence des publicités affichées sur l'écran de chaque utilisateur, et donc de faire disparaître à l'occasion
les propositions les plus utiles. Google peut ainsi prolonger les phases de surfs des internautes
en les amenant à multiplier les clics sur
les publicités. En d'autres termes, et
en s'attachant à maintenir des équilibres généraux de satisfaction auprès des internautes et des annonceurs, Google dispose
d'un levier très puissant pour présider à l'évolution de son chiffre d'affaires.
> Vis-à-vis des partenaires éditeurs, et donc du réseau Adsense, c'est-à-dire des propriétaires de sites Internet acceptant
de diffuser sur leurs pages les publicités gérées par Adwords, Google ne propose pas de contrôle sur le montant des reversions.
Google affiche sur les sites de ses partenaires les publicités qu'il est seul à choisir, facture
les annonceurs en conséquence sur
des bases tarifaires qu'il ne communique pas aux éditeurs, et reverse à ces derniers finalement une quote-part des
ressources ainsi dégagées sans s'expliquer de son calcul.
En d'autres termes, et
en s'attachant à maintenir des équilibres généraux de satisfaction auprès des éditeurs, Google dispose
d'un levier très puissant pour présider à l'évolution de son bénéfice.
L'intelligence de cette construction est
indéniable. Il reste à s'assurer du fait qu'elle soit la plus respectueuse des intérêts des internautes, aussi bien que du travail
des annonceurs ou des éditeurs.
Début décembre 2009, lors d'une
réunion à Paris, M. Philippe Jannet,
PDG du Monde Interactif, a interrogé Google de la façon suivante :
"Comment expliquez-vous que l'Irep (Institut de Recherches et d'Etudes Publicitaires) estime entre 800 et 900 millions d'euros le chiffre d'affaires de Google
en France sur la publicité,
alors que la déclaration de Google France n'est que de 40 millions ? Où sont passés les 760 millions ?"
Réponse de M. Carlo d'Asaro Biondo, Vice-Président Europe du Sud et de l'Est, Moyen-Orient et Afrique de Google :
"Google est une entreprise cotée aux USA, je n'ai pas le droit de vous parler des chiffres de Google en France."
Chapeau l'artiste :
les incertitudes liées au prix de prestations exécutées en France (à hauteur tout de même d'un facteur 20) ne peuvent pas être évoquées
au motif que la société est en bourse... Ce jour-là au moins, oui, c'est sûr, on aurait apprécié plus de pertinence dans la réponse.
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