Le 30/06/10, l'Autorité de la concurrence a rendu sa décision sur les pratiques mises en oeuvre par Google, et plus spécifiquement par son service Adwords,
dans le cadre du dossier Navx. Cette prise de position de l'organisme français
de régulation donne le ton, avant qu'un avis plus général
sur le fonctionnement du marché de la publicité en ligne demandé par M. Sarkozy soit présenté à l'automne prochain.
Dans l'attente d'un jugement au fond, l'Autorité a pris des mesures conservatoires sur le cas Navx estimant les faits suffisamment avérés.
En novembre 2009, Google avait exclu Navx de sa régie publicitaire Adwords, au motif que la catégorie de produits vendus par cette société (des
solutions de signalement de radars routiers), ne pouvait plus être promue par son intermédiaire.
Pourtant, bien après avoir cessé de diffuser les liens sponsorisés de Navx, Google
continuait d'afficher les publicités de nombreux
autres annonceurs proposant des dispositifs équivalents.
Pour l'Autorité de la concurrence, Google a bien eu des pratiques "non objectives, non transparentes et discriminatoires" à l'encontre de Navx et de ses concurrents.
Les distorsions de concurrence qui en résultent, "peuvent se traduire à plus ou moins long terme par des hausses de prix mais aussi par un ralentissement de
l'innovation ainsi que par une baisse de la qualité des informations téléchargeables, au détriment des consommateurs finaux" (clause 244 des motivations de
la décision).
Avec Navx, Google a commis l'erreur incroyable de fermer les portes de sa régie à l'un de ses annonceurs tout en continuant à accueillir les autres.
La brèche s'est ouverte. Ipso facto, la position de l'Autorité officialise une réflexion sur le pouvoir de Google dans l'économie, et en particulier sur
les règles d'affichage et
de non-affichage des publicités via Adwords, capables d'influencer le succès des annonceurs et les bénéfices que peuvent en tirer les internautes.
Pour le marché des dispositifs de contournement des contrôles routiers, il est donc demandé à Google, d'ici à 4 mois, de "définir (...) la portée du
règlement Adwords", aussi bien que
de "clarifier (...) le règlement Adwords (...) et les procédures Adwords". "Ces informations devront être mises à la disposition des annonceurs dans des conditions
objectives,
transparentes et non discriminatoires" - cette phrase est répétée 3 fois dans les 5 articles que compte la décision en elle-même, tenant sur une page à la fin du document.
Nous nous réjouissons de constater que les termes des sages de l'Autorité de la concurrence recoupent ceux du Google Spleen.
Pour Google, l'exercice imposé ne sera pas très simple. On peut s'attendre à ce que certains passent l'été, et les mois qui suivront, à noyer le poisson...
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Officialisation d'un mensonge
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La presse et Madame Irma
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